L'appel commence toujours de la même façon : « notre nouveau site est en ligne depuis un mois et le trafic s'est effondré ». Dans la quasi-totalité des cas, la cause n'a rien de mystérieux et aurait pu être traitée avant la mise en ligne.
1. Aucun plan de redirections
C'est l'erreur la plus coûteuse et la plus banale. Chaque ancienne adresse doit pointer vers son équivalent le plus proche, en redirection permanente. Une redirection globale vers la page d'accueil ne conserve rien : les moteurs la traitent comme une page introuvable déguisée.
2. Un environnement de préproduction indexé
Une préproduction accessible publiquement finit par être indexée et entre en concurrence avec le site réel. Protégez-la par authentification. La balise noindex seule ne suffit pas si des liens externes pointent dessus.
3. Du contenu perdu au passage
Une refonte s'accompagne souvent d'un « allègement » éditorial. Or les pages supprimées sont fréquemment celles qui captaient le plus de longue traîne. Avant toute décision, croisez la liste des pages avec leurs positions et leur trafic sur douze mois glissants.
4. Une structure de titres cassée
Les nouvelles maquettes déplacent souvent les titres au profit d'accroches marketing. Résultat : plusieurs H1 par page, ou aucun. La hiérarchie de titres reste l'un des signaux les plus simples et les plus lus par les moteurs.
5. Un rendu qui dépend entièrement du JavaScript
Passer à un framework moderne sans prévoir de rendu côté serveur revient à demander aux robots un travail supplémentaire. L'indexation devient plus lente et plus aléatoire, particulièrement sur les moteurs autres que Google.
6. Des performances dégradées sans qu’on s’en aperçoive
Un site plus riche visuellement est souvent plus lourd. Mesurez les Core Web Vitals sur la préproduction, sur mobile, en conditions de réseau dégradées. Un LCP qui passe de 1,8 s à 3,4 s se paie en positions comme en conversions.
7. Aucune surveillance après la bascule
Les quinze jours qui suivent une mise en ligne sont décisifs. Surveillez quotidiennement les erreurs d'exploration, la couverture d'index et les positions sur vos trente requêtes principales. Une anomalie corrigée en trois jours ne laisse pas de trace ; la même corrigée en trois mois, si.
Une migration réussie ne se voit pas. C'est précisément ce qui la rend difficile à budgéter, et si facile à sacrifier.
Prévoyez entre cinq et dix jours de travail dédié au volet SEO d'une refonte de taille moyenne. Rapporté au coût d'une perte de trafic de six mois, l'arbitrage est vite fait.

Écrit par
Grégory Batte
Conception et développement
Depuis cinq ans, je conçois des sites et des applications métier pour transformer des besoins parfois complexes en solutions simples, fiables et faciles à faire évoluer.
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