Vous avez demandé trois devis pour le même projet. L'un annonce un montant, le deuxième le double, le troisième se situe entre les deux sans qu'on comprenne pourquoi. La tentation est de trancher au prix. C'est presque toujours la mauvaise méthode, parce que les trois documents ne décrivent pas le même travail.
L'écart vient rarement de la marge. Il vient de ce que l'un a écrit et que l'autre a laissé de côté : le nombre d'allers-retours, la rédaction des textes, la reprise de l'existant, ce qui se passe après la mise en ligne. Ramener les propositions à une base comparable prend une heure. C'est l'heure la mieux investie de tout le projet.
Payer ne suffit pas à devenir propriétaire
C'est le point que presque personne ne vérifie, et celui qui coûte le plus cher quand il manque. Le code, les maquettes et les textes produits pour vous restent la propriété de leur auteur tant qu'un écrit n'organise pas leur cession. Le code de la propriété intellectuelle est explicite : la conclusion d'un contrat de prestation « n'emporte aucune dérogation » aux droits de l'auteur.
La cession ne se présume donc pas. Elle doit être écrite, et la loi impose qu'elle mentionne chaque droit cédé distinctement, en délimitant son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Une facture acquittée, même intégralement, ne remplace pas cette clause.
Concrètement : ouvrez le devis, cherchez le mot « cession ». S'il n'y figure pas, posez la question par écrit avant de signer. La réponse vous apprendra beaucoup, quelle qu'elle soit.
Le nom de domaine : une ligne, deux situations opposées
Un nom de domaine a un titulaire et des contacts. Ce n'est pas la même chose. L'Afnic, qui gère le .fr, le formule sans ambiguïté : lorsque le contact administratif n'est pas le titulaire, il n'a aucun droit sur le nom de domaine.
Si votre prestataire est titulaire et vous simple contact, votre adresse ne vous appartient pas. Changer de prestataire suppose alors son accord. Ce n'est pas une question de confiance : c'est une question de ce qui se passe le jour où l'un des deux n'est plus joignable.
Les cinq écarts qui expliquent la différence de prix
- 1Le nombre d'allers-retours sur les maquettes. Deux ou illimités, ce n'est pas le même métier ni le même prix.
- 2La rédaction des textes. Beaucoup de devis supposent que vous les fournirez. C'est souvent le poste qui bloque le projet pendant des mois.
- 3Les visuels. Photographies achetées, séance sur place, ou banque d'images gratuite : l'écart se compte en centaines d'euros et se voit à l'écran.
- 4La reprise de l'existant. Migrer des contenus et poser les redirections représente un travail réel, que certains devis chiffrent et d'autres passent sous silence.
- 5L'après-livraison. Corrections, hébergement, sauvegardes, mises à jour : le montant annuel pèse parfois plus lourd que le projet lui-même sur trois ans.
Un devis moins cher qui ne mentionne ni la propriété du code ni les coûts récurrents n'est pas moins cher. Il est moins complet.
Ce qu’un devis complet contient toujours
- Un périmètre chiffré : nombre de pages ou d'écrans, pas « un site vitrine ».
- Ce qui déclenche un avenant, et comment il est calculé.
- Le sort du code, du domaine et des accès aux comptes, nommément.
- Les coûts récurrents annuels, séparés du montant du projet.
- Les conditions générales jointes au devis, pas promises pour plus tard.
Aucun de ces éléments ne suppose une grande structure. Un indépendant peut tous les fournir ; une agence de trente personnes peut n'en fournir aucun. C'est un critère de sérieux, pas de taille.
Poser les questions par écrit
Une réponse orale rassurante n'engage personne. Reprenez les points manquants dans un courriel et demandez une confirmation écrite. Un prestataire à l'aise avec sa proposition répondra en quelques lignes ; une réticence à écrire ce qui a été dit est en soi une information.
Et posez-nous exactement les mêmes questions. Une grille de comparaison qui épargnerait celui qui la publie ne vaudrait rien.

Écrit par
Grégory Batte
Conception et développement
Depuis cinq ans, je conçois des sites et des applications métier pour transformer des besoins parfois complexes en solutions simples, fiables et faciles à faire évoluer.
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