Un design system complet représente entre quarante et quatre-vingts jours de travail initial, puis un entretien continu. C'est un investissement structurant, et une dépense parfaitement inutile pour une organisation qui gère une seule interface avec un seul designer.
Les trois seuils qui déclenchent le besoin
- 1Plus de trois personnes produisent de l'interface en parallèle. En dessous, la cohérence se maintient par la conversation.
- 2Plus de trois interfaces à maintenir dans le temps : site, application, back-office, espace client.
- 3Plus de deux ans d'horizon. Un système ne se rentabilise qu'à partir du moment où il évite des refontes répétées.
Si vous cochez les trois, l'investissement se justifie. Si vous n'en cochez qu'un, une bibliothèque de composants documentée légèrement, soit dix à quinze jours, apportera 80 % du bénéfice pour 20 % du coût.
Ce qu’un design system fait réellement gagner
- Un temps d'intégration nettement réduit sur chaque nouvelle page, une fois les composants stabilisés.
- Une accessibilité traitée une fois pour toutes, au niveau du composant plutôt qu'à chaque écran.
- Une dette visuelle qui cesse de s'accumuler : les variantes involontaires disparaissent.
- Un temps d'intégration des nouveaux arrivants divisé par deux.
Le coût caché : l’entretien
Un design system sans propriétaire meurt. Comptez entre un et deux jours par mois pour arbitrer les demandes, versionner et documenter. Ce n'est pas énorme, mais cela doit figurer explicitement dans la charge d'une personne identifiée, sans quoi le système se fige et les équipes le contournent.
Un design system est un produit, avec ses utilisateurs, ses versions et ses retours. Traité comme un livrable, il devient une archive.

Écrit par
Grégory Batte
Conception et développement
Depuis cinq ans, je conçois des sites et des applications métier pour transformer des besoins parfois complexes en solutions simples, fiables et faciles à faire évoluer.
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